Très présentes en été, les tiques adorent aussi l’automne, surtout quand le climat reste doux et humide. Pour vous comme pour vos animaux, le risque de morsure est toujours là pendant les activités en extérieur. Randonnées, jogging, vélo, jardinage, etc., ces petits acariens suceurs de sang s’accrochent facilement au corps. La plupart du temps sans conséquence, une morsure de tique peut toutefois transmettre certaines maladies graves. En Haute-Savoie, 13 cas d’encéphalite à tiques ont déjà été signalés depuis le début de l’année 2026 [1] .
Voici comment vous protéger des tiques pendant cette période automnale.
L’essentiel à retenir
➡️ Les tiques restent actives en automne, surtout lorsque le temps est doux et humide.
➡️ Elles peuvent transmettre plusieurs maladies, notamment la maladie de Lyme et, plus rarement, l’encéphalite à tiques.
➡️ Après une balade, inspectez soigneusement votre peau et celle des enfants, en particulier les plis et le cuir chevelu.
➡️ Si une tique est accrochée, retirez-la rapidement avec un tire-tique, puis désinfectez la zone.
➡️ Les chiens et les chats restent eux aussi exposés : inspectez leur pelage et maintenez une protection antiparasitaire adaptée.
Pourquoi les tiques sont-elles encore actives en automne ?
En France, Ixodes ricinus, l’espèce de tique principalement impliquée dans la maladie de Lyme, reste active d’avril à novembre. Dans les régions au climat plus doux, elle peut même rechercher un hôte toute l’année [2].

Les tiques adorent l’humidité automnale
Les tiques supportent mal le dessèchement. Elles recherchent donc des endroits humides et protégés, comme les sous-bois, les herbes hautes ou les tapis de feuilles mortes.
Les pluies, la rosée et la végétation humide de l’automne créent justement des conditions favorables à leur survie. À l’inverse, les périodes très chaudes et sèches de l’été peuvent les rendre moins actives.
À retenir : les tiques ont besoin d’un minimum d’humidité pour survivre (80 %) [2]. Après un repas de sang, les larves et les nymphes peuvent rester plusieurs mois dans l’environnement avant de passer au stade suivant de leur cycle de vie. Les femelles adultes, elles, pondent leurs œufs après leur dernier repas.
Des températures encore douces
Pas besoin qu’il fasse chaud comme en été pour croiser une tique. Les journées douces de septembre, octobre et parfois novembre leur conviennent très bien.
Cette année, l’automne a commencé sous des températures très élevées. Septembre 2026 a été le deuxième mois de septembre le plus chaud enregistré en France depuis 1900, avec une température moyenne supérieure de 3,1 °C aux normales [3]. Ce début d’octobre reste aussi très doux et s’accompagne de pluies importantes dans plusieurs régions.
Dans les régions au climat océanique, comme la Bretagne, la Normandie ou une partie de la façade atlantique jusqu’au sud-ouest, les hivers sont historiquement plus doux et humides. Ces conditions peuvent permettre aux tiques de rester actives plus longtemps.
À retenir : tant qu’il ne fait pas durablement froid et sec, la saison des tiques n’est pas terminée.
À lire aussi : Le moustique tigre toujours actif cet automne.

En Suisse, les tiques gagnent aussi du terrain

La vigilance est également de mise en Suisse. Les tiques ne sont plus seulement présentes dans les forêts et les zones de basse altitude. Plus de 900 signalements ont été reçus par L’Institut de recherche sur la neige et les avalanches (SLF), avec des observations de tiques jusqu’à parfois 2300 mètres [4].
Le réchauffement climatique favorise probablement cette prolifération en altitude. Des températures plus douces permettent aux tiques de rester actives plus longtemps et de coloniser des zones où le froid limitait auparavant leur présence.
À retenir : L’Office Fédéral de la Santé Publique à déclaré l’ensemble de la Suisse comme zone à risque en matière de tiques, à l’exception des cantons de Genève et du Tessin
Le risque ne se limite pas à une simple morsure. D’après l’Office fédéral de la santé publique, les trois principales maladies transmises par les tiques en Suisse sont la borréliose de Lyme, la méningo-encéphalite verno-estivale (MEVE) et la tularémie [5].
La MEVE fait l’objet d’une vigilance particulière : 435 cas ont été déclarés en 2020. La vaccination est recommandée à toutes les personnes adultes et aux enfants à partir de 3 ans qui vivent dans une zone à risque [5].
Vous vivez en Suisse ou prévoyez une randonnée ? Ne baissez pas votre garde dès la fin de l’été. Sous-bois, herbes hautes, feuilles mortes et sentiers de randonnée restent des zones à risque en automne, y compris en montagne.
13 cas d’encéphalite à tiques en Haute-Savoie : pourquoi les autorités appellent à la vigilance ?
Depuis janvier 2026, 13 cas d’encéphalite à tiques ont été signalés en Haute-Savoie. Le département était déjà le plus touché de France en 2025, avec 19 cas recensés [6].
L’encéphalite à tiques est une maladie virale transmise par la morsure d’une tique infectée. Elle reste rare en France, avec environ 35 cas diagnostiqués chaque année en moyenne, mais elle peut entraîner des complications importantes [7].
Après une période d’incubation d’une à deux semaines, les premiers symptômes ressemblent à ceux d’un état grippal : fièvre, maux de tête et douleurs musculaires ou articulaires.
Chez 20 à 30 % des malades, le virus peut ensuite atteindre le système nerveux et provoquer notamment une encéphalite, des troubles de la vigilance, des convulsions ou des paralysies [5]. Des séquelles neurologiques peuvent persister plusieurs années.
Il n’existe actuellement aucun traitement antiviral spécifique contre l’encéphalite à tiques. La prise en charge consiste donc principalement à traiter les symptômes [7].
Y a t-il un vaccin ?
Oui, en France la vaccination est actuellement recommandée principalement aux adultes et aux enfants qui voyagent dans des zones où la maladie est fréquente et qui risquent d’être exposés aux tiques [7]. En revanche, elle n’est pas recommandée à l’ensemble de la population vivant en France [8].
À retenir : ce vaccin protège contre l’encéphalite à tiques, mais pas contre la maladie de Lyme ni les autres infections transmises par les tiques.

La maladie de Lyme reste le principal risque lié aux tiques en France
Santé publique France estime qu’environ 40 000 cas sont diagnostiqués chaque année en médecine générale [9].
La maladie de Lyme est provoquée par des bactéries du complexe Borrelia burgdorferi, transmises par certaines tiques infectées du genre Ixodes. Toutes les tiques ne sont donc pas porteuses de la bactérie : en France, la proportion de tiques infectées varie notamment selon les régions et les saisons.
Le principal signe à surveiller est l’érythème migrant : une plaque rouge qui apparaît autour de la zone de morsure et s’étend progressivement [9]. Consultez rapidement un médecin afin qu’il puisse confirmer le diagnostic et mettre en place un traitement adapté.
Comment éviter les morsures de tiques cet automne ?
On peut croiser des tiques en forêt, mais aussi dans les prés, les parcs, les jardins ou les zones avec des herbes hautes [10].
Avant et pendant une promenade
Quelques gestes simples permettent de limiter le risque de piqûre :
- portez des vêtements longs et des chaussures fermées ;
- rentrez le bas du pantalon dans les chaussures ou chaussettes ;
- évitez les hautes herbes, les fougères et les broussailles ;
- restez autant que possible sur les chemins dégagés ;
- utilisez un répulsif anti-tiques en respectant les précautions d’emploi.
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Au retour : inspectez soigneusement votre peau
De retour chez vous, prenez un moment pour examiner l’ensemble de votre corps. Soyez minutieux, les tiques sont petites et certaines nymphes ne mesurent que quelques millimètres.
Regardez particulièrement :
- le cuir chevelu et derrière les oreilles ;
- les aisselles ;
- l’aine ;
- le nombril ;
- les plis des genoux.
Pour les enfants, cette vérification doit être réalisée par un adulte.

Que faire si vous trouvez une tique sur votre peau ?
Vous avez repéré une tique accrochée à votre peau ? Il faut la retirer le plus rapidement possible. Plus elle reste fixée longtemps, plus le risque de transmission de certains agents infectieux augmente.
Utilisez un tire-tique, disponible en pharmacie :
- glissez l’outil au plus près de la peau, sous la tique ;
- saisissez-la sans l’écraser ;
- retirez-la doucement en effectuant un mouvement de rotation ;
- désinfectez ensuite la zone avec un antiseptique ;
- lavez-vous soigneusement les mains.
N’appliquez pas d’éther, d’alcool, d’huile ou d’autre produit sur la tique avant de la retirer.
Surveillez ensuite votre zone piquée pendant un mois.
Consultez votre médecin si vous observez :
- une plaque rouge qui s’étend progressivement autour de la morsure ;
- de la fièvre ;
- une fatigue inhabituelle ;
- des douleurs articulaires ;
- des symptômes neurologiques ou tout autre signe inhabituel.
Pour aller plus loin : Piqûre de tique chez l’homme : risques, traitement et prévention.

Vigilance aussi pour les chiens et chats
Il faut rester très vigilant avec nos amis à quatre pattes très souvent piqués par les tiques en automne.
Après une promenade, inspectez rapidement le pelage de votre chien ou de votre chat, en particulier autour des oreilles, du cou, entre les pattes et au niveau des aisselles.
La protection antiparasitaire doit être adaptée au mode de vie de l’animal, à son poids et à son espèce. Demandez conseil à votre vétérinaire pour choisir le traitement le plus approprié.
Attention : n’utilisez jamais sur un chat un antiparasitaire pour chien contenant de la perméthrine. L’Anses rappelle que cette substance peut provoquer des intoxications graves, voire mortelles, chez le chat [11].
Pour aller plus loin : Tiques chez les chiens et les chats : traitements et prévention.
Références
[1] ARS Auvergne – Rhone Alpes. Tiques : restez vigilants lors de vos activités en pleine nature. 2026.
[2] Santé publique France. Borréliose de Lyme : la maladie.
[4] RTS. Tiques en altitude : une présence jusqu’à 2 300 mètres, 2026.
[5] Office fédéral de la santé publique (OFSP). Maladies transmises par les tiques.
[6] Préfecture de la Haute-Savoie. Tique : prévention et encéphalite à tiques, 2026.
[7] Santé publique France. Encéphalite à tiques : la maladie, mise à jour le 12 mai 2026.
[9] Santé publique France. Borréliose de Lyme : la maladie, mise à jour le 20 février 2026.
[11] ANSES. Ne traitez pas votre chat avec un antiparasitaire pour chien, 20 juin 2023.

